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RD Congo: adapter les stratégies d’aide aux populations vulnérables

Policy recommendations
  • Les agences des Nations Unies et les ONG doivent multiplier leurs efforts pour venir en aide et protéger les populations vulnérables, y compris les familles d’accueil et les nouveaux déplacés dans le Nord et le Sud Kivu.
  • Les acteurs humanitaires au Sud Kivu, dont la coordination est assurée par OCHA, doivent garantir une disponibilité des ressources et capacités adéquates pour répondre aux nouveaux déplacements.
  • Le cluster protection, à la tête duquel se trouvent le HCR et la section des Affaires Civiles, doit assurer le partage d’information entre les équipes civiles conjointes de protection de la MONUC et les organisations humanitaires afin d’améliorer la protection des civils.
  • Le gouvernement des Etats-Unis et des autres membres du Conseil de sécurité doivent mettre la pression sur les gouvernements de la RDC et du Rwanda pour qu’ils trouvent des solutions politiques et sociales définitives à la présence des FDLR et des refugiés rwandais au Congo.

Il est urgent que les agences des Nations Unies et les organisations non gouvernementales (ONG) remodèlent leurs stratégies d’aide aux populations vulnérables dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC) qui a récemment connu un changement dramatique dans sa situation sécuritaire. La violence et l’accès limité aux services minimum ont déjà fait de nombreuses victimes au sein de la population congolaise, et une réponse humanitaire plus agressive est maintenant primordiale. La mission des Nations Unies en RDC (MONUC), en lien étroit avec les agences de l’ONU et les ONG, doit être plus proactive dans le respect de ses engagements en ce qui concerne la protection des civils.

Saisir les nouvelles opportunités au Nord Kivu

La population civile congolaise paie le prix d’un conflit qui dure depuis des années dans l’est de la RDC. Nombreux sont ceux qui ont été déplacés à plusieurs reprises en conséquence des affrontements entre différents groupes armés.  L’escalade du conflit au Nord Kivu, entre le CNDP, groupe rebelle de Laurent Nkunda, et l’armée nationale congolaise (FARDC) à la fin de l’année 2008 n’était qu’une vague supplémentaire dans un long cycle de violence interminable qui force les populations locales à fuir leur foyer.

L’arrestation de Nkunda au Rwanda en janvier 2009, couplée à l’arrivée au Nord Kivu des troupes de l’armée nationale rwandaise (RDF) à l’occasion des opérations militaires conjointes avec les FARDC dont l’objectif était d’extirper le groupe rebelle FDLR, a transformé, une fois de plus, le paysage sécuritaire. Les conséquences sur la sécurité de la population locale sont bien évidemment lourdes, mais cette situation augmente l’accès et crée donc une opportunité de venir en aide aux populations dans le besoin.que les organisations humanitaires ne peuvent pas manquer.

Masisi

La réponse humanitaire étant insuffisante dans le Territoire de Masisi, les conséquences sur les populations déplacées sont dévastatrices et les conditions de vies dans les camps du centre de Masisi et à Lushebere sont bien en-dessous des normes. Les combats qui ont eu lieu à l’automne lorsque le CNDP a presque réussi à s’emparer de la ville, ont forcé des milliers de personnes à fuir le camp principal du centre de Masisi. En conséquence,  il est devenu plus difficile pour les agences humanitaires d’atteindre les nouveaux déplacés. Cependant, depuis lors, la menace d’une emprise par le CNDP s’est affaiblie et les agences de l’ONU ainsi que les ONG doivent désormais renouveler leurs efforts pour venir en aide et répondre aux besoins de la population locale.

Selon les résidents des camps du centre de Masisi et de Lushebere qui se sont confiés à Refugee International (RI), aucune distribution de nourriture n’a eu lieu depuis octobre 2008, obligeant au moins 100 familles à rentrer chez elles pour trouver de la nourriture bien que craignant la présence du CNDP dans leur région d’origine. Il est « suicidaire » de retourner dans ces zones où la situation sécuritaire est instable, mais pour ces familles, il n’y a pas d’alternative, témoigne un chef de camp.

Les déplacés ont exprimé leurs inquiétudes à l’égard de ceux qui sortent des camps pour trouver de la nourriture et du bois de chauffage, surtout pour les femmes qui courent le risque de se faire violer. Au manque de nourriture s’ajoutent les graves problèmes d’accès à l’eau potable, aux installations sanitaires et à l’éducation. Cependant, comme l’a souligné une réfugiée à RI : « Certains considèrent les latrines comme un problème, mais si vous n’avez pas mangé, vous n’avez pas besoin d’aller aux toilettes. »

Depuis 2008, les camps du centre de Masisi et de Lushebere sont gérés par le groupe de coordination et gestion des camps (CCCM) du Haut Commissariat des Nations Unies pour les refugiés (HCR). Bien que ce système (CCCM) aurait dû, en théorie, améliorer les standards d’assistance, il n’en a rien été. Les déplacés internes de Masisi sont déçus de la nature ad hoc de l’aide dont ils sont bénéficiaires et du manque de communication de la part des ONG lorsqu’elles ont évacué de la région leur personnel, à maintes reprises, en raison de la situation sécuritaire.

L’état déplorable de la route entre Goma et Masisi est extrêmement problématique. Il est crucial que les ressources nécessaires à son amélioration soient attribuées rapidement afin qu’elle soit utilisable. D’autre part, le HCR doit établir une présence plus importante dans le Territoire de Masisi afin de contrôler la mise en œuvre efficace de l’aide humanitaire dans les camps. Les ONG doivent coopérer avec la MONUC afin d’évaluer avec précision les menaces sécuritaires réelles dans la région et doivent établir une présence durable ainsi qu’un système de communication efficace avec les déplacés.

Rutshuru

En conséquence de la vague de violence entre le CNDP et les FARDC à la fin de l’année 2008, un nombre inconnu de déplacés ont eu besoin d’aide humanitaire dans la région de Rutshuru. Lors de la prise de Rutshuru par le CNDP, tous les camps de déplacés dans la région ont été détruits. A leur arrivée, les soldats du CNDP ont annoncé aux déplacés qu’ils étaient « libérés » et qu’ils devaient rentrer chez eux, forçant des milliers de déplacés à quitter les camps et autres lieux où ils avaient précédemment trouvé refuge.

On ne sait pas exactement où les déplacés expulsés des camps de Rutshuru se trouvent actuellement. Le HCR doit s’engager à mener une mission d’évaluation en matière de protection afin de localiser les populations vulnérables. Plusieurs milliers de personnes se sont refugiées en Ouganda, certains ont trouvé refuge dans le nouveau camp de déplacés qui se trouve près de la base de la MONUC à Kiwanja, ou encore dans des familles d’accueil. D’autres ont fui vers le nord en direction de Kanyabayonga. Cependant, contrairement à ce que leur avait ordonné le CNDP et à ce que le gouvernement de la RDC a déclaré, la majorité des déplacés ne sont pas rentrés chez eux.

Lors de la destruction des camps, dans le chaos, certaines familles ont été séparées et ceux qui n’avaient nulle part où aller ont été laissés pour compte. A la fin du mois de janvier, RI a découvert plusieurs déplacés aux alentours de l’ancien camp catholique de Kinyandonyi. Parmi eux, dans un bâtiment abandonné, se trouvait une vieille dame qui a confié à RI qu’elle n’avait nulle part où aller et qu’elle dépendait, pour manger, du bon vouloir des gens car elle n’avait reçu aucun autre type d’aide jusqu'à présent.

La situation sécuritaire à l’automne dernier a compliqué la tâche des organisations humanitaires pour lesquelles il est devenu plus difficile de venir en aide aux populations affectées dans la région de Rutshuru. Les populations sous le contrôle du CNDP, et plus particulièrement celles qui vivent dans les camps, n’ont droit qu’à une assistance humanitaire restreinte dont les limites ont été établies par le CNDP. D’autre part, craignant des représailles du CNDP, certaines personnes n’ont pas osé se présenter comme déplacés auprès des organisations humanitaires.

Mais Rutshuru est maintenant revenue aux mains du gouvernement et l’accès des organisations humanitaires s’est amélioré. Malgré cette ouverture, au début du mois de février, les mouvements de personnel de l’ONU en dehors de Goma étaient toujours limités et les ONG avaient évacué leurs équipes en attendant de voir les résultats des opérations menées par les FDLR. Les organisations humanitaires doivent, sans attendre, rétablir leur présence à Rutshuru afin de répondre aux besoins urgents des déplacés et des communautés d’accueil.

Renforcer la capacité de réponse d’urgence au Sud Kivu

Des milliers de nouveaux déplacés dans le Nord Kivu ont fui vers le Sud Kivu lors des opérations militaires conjointes contre les FDLR. Le Sud Kivu étant comparativement stable depuis quelques années, les organisations humanitaires dans cette province se sont principalement concentrées sur les retours et la transition vers des activités de relèvement précoce. Les agences de l’ONU et les ONG doivent donc maintenant renforcer leur réponse d’urgence et s’attaquer aux besoins immédiats des populations déplacées.

La population civile dans l’est du Congo a été la cible de toutes les parties impliquées dans les opérations militaires conjointes. La majorité des nouveaux déplacés au Sud Kivu ont fui le Nord Kivu en conséquence des exactions commises contre eux par les FDLR. Après l’annonce des opérations militaires conjointes, les FDLR ont limité les mouvements de la population dans les zones sous leur contrôle et l’ont utilisée comme bouclier humain pour compliquer l’offensive militaire contre eux. Accusées de collaboration avec les armées congolaise et rwandaise, les communautés ont également été punies.

Craignant l’arrivée des RDF, d’autres ont fui, se rappelant les atrocités perpétrées par l’armée rwandaise entre 1996 et 2002 sur de nombreux civils congolais qui ne se sont pas encore remis de ce traumatisme. Certains nouveaux déplacés ont aussi rapporté des attaques des RDF contre des civils congolais au Nord Kivu au début des opérations miliaires conjointes.

RI s’est entretenu avec des nouveaux déplacés à Minova qui ont fui Ufamandu, dans le Territoire de Masisi, pour échapper aux attaques des FDLR lors de l’arrivée des RDF et des FARDC. Les déplacés ont rapporté avoir vu les FDLR attaquer les locaux à la machette et violer des femmes. Une femme a confié à RI qu’elle avait été séparée de son mari et ses enfants et qu’elle ne savait pas où ils se trouvaient. Nombreux sont ceux qui n’ont pas encore reçu d’aide et il faut s’attendre à ce que bien d’autres civils fuient Minova à cause des combats.

A Hombo, RI a rencontré les représentants de 15,000 nouveaux déplacés ayant fui les territoires du sud de Masisi et de Walikale à la fin du mois de janvier lors des opérations militaires conjointes. Ces déplacés vivent dans des familles d’accueil et selon son administrateur local qui s’est confié à RI,  la communauté a des difficultés à venir en aide au nombre important de personnes qui se réfugient en son sein. Les femmes déplacées ont exprimé leurs inquiétudes en ce qui concerne les problèmes d’accès à l’aide médicale et à la scolarité pour leurs enfants en raison des coûts élevés. Elles ont également exprimé leur frustration car elles ne sont pas en mesure d’apporter la moindre contribution à leur famille d’accueil.

Les organisations humanitaires n’ont pas la capacité de répondre assez rapidement aux besoins d’urgence au Sud Kivu. A Hombo, il a fallu attendre au moins deux semaines après l’arrivée des nouveaux déplacés pour qu’une mission d’évaluation inter-agences soit menée. D’autre part, le fait que l’UNICEF supprime progressivement le Mécanisme de Réponse Rapide (RRM) au Sud Kivu est problématique. En effet, cet élément essentiel de la réponse d’urgence dans cette province doit être conservé afin de pouvoir déployer rapidement de l’aide d’urgence aux nouveaux déplacés. Actuellement, des clusters sectoriels répondent d’abord aux nouvelles crises humanitaires. Ce procédé a ralenti les activités étant donné le temps nécessaire aux clusters pour identifier les acteurs et ressources disponibles.

Le programme RRM n’est cependant pas censé être l’unique élément de réponse d’urgence. Son objectif consiste en fait plutôt à compléter d’autres mécanismes. OCHA doit s’assurer que les organisations humanitaires au Sud Kivu augmentent leurs capacités à répondre à l’urgence en cas de nouvelles vagues de déplacements.

Il est primordial que les agences admettent que la plupart des personnes déplacées au Sud Kivu vivent en familles d’accueil. Le Plan d’action humanitaire de 2009 reconnaît le besoin de venir en aide aux communautés d’accueil et les organisations humanitaires doivent mettre ce plan en œuvre sans plus attendre. Au Nord Kivu, l’UNICEF et ses partenaires testent  une nouvelle approche pour le programme RRM selon laquelle l’aide sera fournie sur la base de critères de vulnérabilité plutôt qu’en fonction de catégories telles que le déplacement. Il faut absolument accélérer l’application de cette nouvelle approche pour répondre aux besoins des anciens et nouveaux déplacés dans le Sud Kivu.

Améliorer la protection des civils

L’exclusion de la MONUC par les FARDC et les RDF lors du processus de planification et de mise en œuvre des opérations militaires conjointes a considérablement réduit la capacité de la mission de l’ONU à protéger les populations des combats. N’ayant reçu aucune information sur le lieu, le moment et la manière dont ces opérations seraient menées, la MONUC n’a pas été en mesure d’assurer la sécurité et la liberté de mouvement des communautés qui se sont retrouvées coincées entre les FDLR et les forces de la coalition.

Malgré ces défis, la section des Affaires Civiles de la MONUC, en collaboration avec les agences de l’ONU et les ONG par le biais du cluster protection, a développé des plans de contingence  qui prennent en considération le nouveau paysage militaire et les besoins en matière de protection. Dans la matrice qui a été créée, la priorité est donnée aux régions critiques ainsi qu’aux populations vulnérables situées aux endroits où les opérations militaires conjointes peuvent être facilement prédites. Le processus de planification d’urgence au Nord Kivu a déjà donné des résultats positifs : la brigade du Nord Kivu a rapidement remodelé ses contingents militaires et redéployé de nouvelles bases opérationnelles mobiles, une des priorités établies dans le plan de contingence.

Cependant, il y a de sérieux doutes quant à la capacité de la MONUC à réagir rapidement et de manière stratégique pour améliorer la protection des civils au Nord Kivu. Par exemple, vu que la plupart des nouveaux déplacés au Sud Kivu ne seront plus situés dans des camps, les commandants de la MONUC, déployés dans les zones critiques où les FDLR sont présents, comme Mwenga et Bunyakiri, doivent augmenter le nombre de patrouilles piétonnes dans les villages en retrait des routes principales afin de pouvoir atteindre les populations vulnérables et de dissuader les menaces.

Au Sud Kivu, la réponse de la MONUC est particulièrement inquiétante à Hombo qui accueille un nombre considérable de nouveaux déplacés depuis le début des opérations militaires conjointes. Hombo, située à cheval sur le Nord et le Sud Kivu, est partagée entre deux zones de responsabilité. Une base opérationnelle mobile sera bientôt déployée au sud de Hombo et il est primordial que la brigade de la MONUC au Sud Kivu élargisse sans plus attendre sa présence et ses patrouilles au nord de Hombo également, car il est très difficile pour les contingents du Nord Kivu d’atteindre la population dans cette région.

Le mandat de 2008 de la MONUC, dont une des priorités était la protection des civils, ayant été renouvelé, la section des Affaires Civiles met actuellement en œuvre une nouvelle initiative : celle des équipes civiles conjointes de protection (JPTs). Renforcées, ces équipes pourraient jouer un rôle important dans l’amélioration de la protection des civils. Les sections des Droits de l’Homme, de la Protection de l’Enfant, de l’Information Publique et des Affaires Civiles sont déployées aux côtés des contingents militaires de la MONUC et collaborent avec les commandants afin d’améliorer leur capacité à protéger la population civile. Les JPTs créent d’une part des réseaux de communication  avec les chefs locaux, et d’autre part, elles analysent les tendances sécuritaires et les mouvements potentiels de population. Ces informations pourront ensuite être incorporées à une planification contextualisée pour les contingents.

Il faut attribuer des ressources supplémentaires à la MONUC ainsi qu’une augmentation du personnel civil si l’on veut renforcer les JPTs et leur permettre de couvrir une plus grande partie du territoire dans les Kivus. Mais des restrictions de personnel n’ont permis aux équipes civiles conjointes de protection que de mener des missions courtes au sein des contingents militaires situés au Nord Kivu. De plus, ne faisant pas partie du processus de planification des opérations militaires conjointes, les équipes sont souvent arrivées dans des régions telles que le sud de Masisi bien après que les affrontements ont causé d’importants déplacements de populations.

Etant donné le caractère volatile de la situation sécuritaire, il est d’autant plus important que le cluster protection, à la tête duquel se trouvent le HCR et la section des Affaires Civiles de la MONUC, assure la coordination entre les JPTs et les organisations humanitaires. Ces derniers mois, de nombreuses ONG ont évacué leurs équipes du terrain à plusieurs reprises pour des raisons sécuritaires. Si les JPTs partagent leurs informations et leur analyse avec les organisations humanitaires, cela accélérera la réponse d’urgence dans les zones accessibles.

La route à suivre

La solution militaire contre les FDLR semble être loin d’avoir atteint ses objectifs. Malgré le désarmement récent de plus de 400 combattants par la MONUC, le groupe rebelle n’a pas été paralysé. Par contre, les opérations ont eu de graves conséquences sur les Congolais du Nord et Sud Kivu, dont d’importants et nombreux déplacements. Maintenant que les RDF sont prêts à quitter l’est du Congo, la communauté internationale, par le biais du Conseil de sécurité des Nations Unies, doit saisir cette opportunité pour mettre la pression sur les gouvernements de la RDC et du Rwanda pour qu’ils continuent à collaborer et qu’ils s’engagent à utiliser des moyens non-militaires, y compris politiques, pour assurer une solution définitive à la présence des FDLR en RDC.

Ces stratégies devront par la suite inclure un dialogue direct avec le leadership des FDLR qui n’est pas impliqué dans le génocide du Rwanda ainsi que le respect des engagements en ce qui concerne la relocalisation des combattants et refugiés qui craignent à juste titre de rentrer chez eux. De plus, les membres du Conseil de sécurité, y compris les Etats-Unis, doivent convaincre le gouvernement de la RDC d’inclure la MONUC dans le processus de planification de nouvelles offensives contre les FDLR pour assurer que les civils soient protégés.

Les populations déplacées sont préoccupées par les conséquences des opérations contre les FDLR et par la présence, dans leur région d’origine, des soldats du CNDP, même s’ils ont, en théorie, rejoint les rangs des FARDC. Si l’accès humanitaire s’améliore et que le nombre de retours durables augmente, la MONUC doit utiliser les équipes civiles conjointes de protection pour assurer la protection des civils dans les zones qui sont récemment tombées sous le contrôle des FARDC, étant donné les abus qu’ils ont perpétrés sur les civils congolais dans le passé.

Vu le caractère volatile de la situation sécuritaire dans l’est du Congo, de nombreux déplacés ne retrouveront pas leur foyer dans un avenir proche. Les organisations humanitaires doivent renouveler leurs efforts, atteindre les populations affectées et venir en aide à ceux qui ne veulent pas rentrer chez eux. Au Sud Kivu, les organisations humanitaires doivent continuer à améliorer leur capacité à répondre aux déplacements futurs. Même si la situation dans le Nord et le Sud Kivu est changeante, les besoins de bases du peuple congolais sont toujours les mêmes.

Camilla Olson et Steve Hege, consultant, ont mené une mission d’évaluation de la situation des personnes déplacées au Nord et Sud Kivu en janvier et février 2009.