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RDC: Fiche d’information sur l’assistance aux familles d’accueil


05/21/2008



Les communautés d’accueil qui soutiennent la majorité des personnes déplacées ont à présent besoin d’assistance. Par le biais du bureau des Nations Unies pour la coordination humanitaire), la communauté internationale devrait développer et mettre en œuvre des projets à base communautaire pour les personnes déplacées et les familles d’accueil dans le Nord Kivu.

  • 70% des personnes déplacées dans le Nord Kivu vivent dans les familles d’accueil au sein desquelles l’espace et la nourriture sont partagés à parts égales. Plusieurs de ces familles d’accueil se trouvent être des parents ou des amis des personnes déplacées qu’elles accueillent. D’autres familles accueillent des inconnus car elles souhaitent venir en aide à des personnes vulnérables telles que des femmes enceintes ou des personnes âgées. Dans la plupart des familles d’accueil, les femmes ont un rôle important parce que ce sont elles qui subviennent principalement aux besoins des membres de la famille. Cependant, cette charité est mise à rude épreuve lorsque la situation de déplacement dure bien plus longtemps que prévu, comme cela est le cas dans le Petit Nord, une région du Nord Kivu où l’insécurité perdure en raison des combats entre groupes armés et des attaques visant les civils. La présence prolongée des personnes déplacées dans les familles d’accueil signifie que les ressources diminuent pendant que les tensions augmentent.

  • Une tendance inquiétante que Refugees International a observée dans le territoire de Rutshuru au Nord Kivu est que, au fur et à mesure que la situation des familles d’accueil se détériore, de plus en plus de personnes déplacées n’ont pas d’autre choix que de se rendre sur des sites improvisés ou des camps planifiés. Les agences d’aide humanitaire n’ont pas les moyens d’assister un flux important de personnes déplacées quittant les communautés d’accueil et se rendant dans des camps planifiés ou des sites spontanés. De plus, des déplacements forcés sont en cours dans le Nord Kivu et toute augmentation significative du nombre de personnes nouvellement déplacées pourrait déborder l’actuelle réponse internationale.

  • Les personnes déplacées vivant dans des camps planifiés ou des sites spontanés sont souvent plus vulnérables que ceux vivant avec les familles d’accueil. Les sites spontanés sont spécialement dangereux, mal structurés, et sont généralement situés dans des zones peu sûres où les femmes déplacées et les enfants sont extrêmement vulnérables aux abus, que ce soit le viol ou le recrutement forcé. Refugees International a visité un site spontané qui était en cours de construction le long de la route principale de Kalengera dans le territoire de Rutshuru. Les personnes déplacées construisaient de petites huttes sur le site qui n’avait aucune protection contre la pluie tandis que des militaires congolais rôdaient tout près. Les personnes déplacées avaient fui les combats seulement quelques mois auparavant et avaient d’abord trouvé refuge dans les bâtiments publics de Kalengera. Les autorités locales ont alors offert le terrain sur lequel le site était en train d’être bâti dans le but d’assister les personnes déplacées.

  • Dans le Plan d’Action Humanitaire 2008, la communauté internationale reconnaît le besoin de soutenir les communautés d’accueil et un groupe de travail a été établi au niveau national pour développer une stratégie dans le but d’assister les familles d’accueil, mais la réponse reste ad hoc. Le Mécanisme de Réponse Rapide (MRR) assiste les personnes déplacées au cours des trois premiers mois. Bien que le MRR ne cible pas les familles d’accueil, la réhabilitation des écoles et des sources d’eau dans les communautés où les personnes déplacées vivent, a aussi bénéficié à la population locale. Cependant, le MRR n’est prévu que pour une période de trois mois, et le type d’assistance nécessaire aux familles d’accueil, va au-delà des besoins basiques.

  • Autant les personées déplacées que les familles qui les accueillent, souhaitent utiliser les capacités qu’elles possèdent déjà. Le soutien pour les activités de subsistance pourrait aider les familles d’accueil et les personnes déplacées à subvenir à leurs propres besoins et pourrait réduire les tensions qui émergent quand les ressources se font rares. Il faudrait demander aux organisations et aux autorités locales qui font déjà partie de la communauté d’accueil, de faire des suggestions sur la meilleure forme d’assistance en vue de promouvoir les moyens de subsistance, que cela soit les semences et les outils, ou des activités génératrices de revenus comme l’élevage de volailles. Finalement, ce type de soutien va non seulement bénéficier aux personnes déplacées et aux communautés d’accueil, mais il va aussi poser les bases pour un retour et une réconciliation futurs.


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